REFUS REMBOURSEMENT MOUNJARO
Le Ministre considère toujours l’obésité comme un choix de vie, non pas comme une maladie biologique.

Le Ministre considère toujours l’obésité comme un choix de vie, non pas comme une maladie biologique.
Après le Wegovy en juin, le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke refuse à présent de rembourser le Mounjaro dans le traitement de l'obésité. Chiffres à l'appui, nous expliquons pourquoi cette décision est une erreur.
Vox Obesity · 21 octobre 2026
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En 2022, en Belgique, 9 509 personnes sont décédées de causes liées à un excès de poids, soit plus de 157 000 années de vie perdues. Ces chiffres ne viennent pas de nous, ils viennent de Sciensano, l'institut belge de santé publique.
L'inaction a un prix, et nous le payons déjà en silence : 3,3 milliards d'euros de soins de santé supplémentaires chaque année, et 1,2 milliard de pertes liées à l'absentéisme au travail.
Le ministre avance que rembourser ces traitements coûterait plusieurs milliards, soit la moitié du budget des médicaments. Mais ce calcul repose sur un scénario où 100 % des personnes concernées seraient traitées. Cela n'arrive nulle part.
Dans la réalité observée à l'étranger, seuls 2 à 8 % des patients éligibles prennent effectivement le traitement. Appliqué à la Belgique, cela représente selon nos projections entre 6 et 234 millions d'euros par an, soit au maximum environ 4 % du budget des médicaments de l'INAMI. ✍️ Je signe
En mai dernier, la BASO, l'association belge des spécialistes de l'obésité, a réuni les responsables politiques au Parlement fédéral. Son message était clair : l'obésité est une maladie chronique et complexe, qui ne se résume pas à un manque de volonté.
Ses projections sont alarmantes : d'ici 2030, près de 28 % des hommes et plus de 17 % des femmes pourraient vivre avec une obésité en Belgique.
Le ministre conditionne tout remboursement à la mise en place d'un accompagnement multidisciplinaire. De nouveaux trajets de soins sont annoncés pour l'année prochaine. Mais un trajet de soins ne vaut que s'il y a un véritable programme derrière.
Voir trois professionnels chacun de son côté, sans fil conducteur, n'apporte rien de plus que ce que chacun peut déjà faire aujourd'hui en dehors de tout trajet. Les trajets existants en sont la preuve : quelques séances remboursées pour une seule spécialité, et pas assez de professionnels formés pour les assurer.
Ce qu'il faut, c'est un programme de soutien identique pour tous, avec des étapes concrètes et une mise en place intensive dans le quotidien des patients. Un accompagnement multidisciplinaire sans programme, c'est comme engager un chirurgien sans lui donner ses outils. ✍️ Je signe
Et tous les patients n'ont pas besoin d'un suivi dans toutes les disciplines. Ce dont ils ont besoin, c'est d'une aide qui agit réellement sur la maladie. Dans de nombreux pays, ces traitements sont prescrits par le médecin, sans parcours multidisciplinaire imposé, et ils fonctionnent.
Il y a des personnes en obésité qui mangent bien, qui bougent, et qui grossissent quand même. La faim, chez les personnes obèses, est réelle et permanente. Lutter contre elle sans aide concrète, c'est comme retenir sa respiration : on tient un moment, puis le corps reprend le dessus.
Ce n'est pas un manque de volonté. C'est la biologie. L'obésité ne se soigne pas avec des recommandations des années 80.
Voici le plus absurde : ces mêmes médicaments, l'INAMI les rembourse déjà, mais uniquement en cas de diabète de type 2. Autrement dit, on attend que les personnes obèses deviennent diabétiques pour enfin les considérer comme des patients.
Or le diabète freine la perte de poids. Les essais cliniques le montrent : sous le même traitement, les personnes diabétiques perdent nettement moins de poids que les autres, environ 10 % de leur poids contre environ 15 % avec le sémaglutide. On attend donc le moment où le traitement fonctionne le moins bien pour commencer à le rembourser. ✍️ Je signe
Le ministre l'affirme lui-même : l'obésité est une maladie chronique. Alors pourquoi ne pas la traiter comme les autres maladies chroniques ? Notre Constitution garantit à chacun le droit à la protection de la santé et à l'aide médicale. Ce droit s'arrêterait-il aux portes de l'obésité ?
La France, notre voisine, rembourse depuis juin 2026, de façon ciblée et encadrée. L'Angleterre le fait depuis plusieurs années déjà. Pour les patients, les bénéfices sont là : moins d'accidents cardiovasculaires, un meilleur retour à l'emploi, et des personnes qui vont mieux.
Les effets sur les complications de l'obésité (diabète, cœur, articulations) demandent plus de temps, sans doute cinq ans au minimum. Mais justement : plus on attend pour commencer, plus on attend pour en voir les effets. Pendant que la Belgique attend, ces pays avancent. Et chaque année perdue, c'est notre sécurité sociale qui continue de payer le prix de l'inaction.
Alors posons la question franchement : s'agit-il vraiment d'une question de santé ? Ou bien aucun responsable politique ne veut-il être celui qui « dépense pour les obèses » ?
Ce que nous demandons n'est pas un miracle. C'est le remboursement, avec un vrai programme d'accompagnement. Pas une liste de rendez-vous.
9 509 morts, ce n'est pas un chiffre : ce sont des mères, des pères, des enfants. Plus nous serons nombreux, plus il deviendra impossible de nous ignorer. Signer prend trente secondes.
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Programme Français pour l’enfant