Le débrief : par voxobesity,
Des médecins qui voient des gros au lieu de voir des patients ? ce n’est pas un mythe.
Le poids, ça se voit. Tout le monde le sait. Il est partout : dans nos rues, dans nos maisons, dans nos écoles.
Oui il y a des gros et grosses, on ne peut pas le cacher. 50% des Belges sont en surpoids, 20% en obésité …et ils ne sont pas invisibles. C’est une maladie visible et victime de stigmatisation.
Pourtant les kilos ne sont pas la maladie. Ils en sont la partie visible, un des symptomes.
L’obésité, elle, se joue à l’intérieur : un tissu adipeux qui dysfonctionne et qui dérègle toute la biologie, tout l’équilibre hormonal du corps. C’est une maladie complexe et chronique, qui mérite d’être comprise et soignée.
Certains médecins voient a travers leur propre prisme, ils le voient non pas comme un patient, mais comme un Gros. Qui d’office sera victime de lui même.
Pourtant si il existe un lieu où ce poids devrait changer de statut : le cabinet médical.
Là, il ne devrait plus être un sujet de regard ou de jugement. Il devrait être considéré pour ce qu’il est, une maladie. Et la personne qui le porte devrait être considérée pour ce qu’elle est, un patient. Et il doit être écouté comme tel, ses plaintes prise aux sérieux.
Pourtant, chaque jour, dans des cabinets partout dans le pays, la même scène se répète. Une personne entre, s’assoit, commence à expliquer ce qui ne va pas. Une douleur, une fatigue, un essoufflement, un mal de tête qui ne passe pas. Et très vite, le regard glisse. Il ne s’arrête plus sur les symptômes, mais sur la silhouette. Avant même que l’examen commence, l’explication semble déjà trouvée : c’est le poids.
Alors on parle de kilos. On parle de régime, d’efforts, de volonté. On parle de tout, sauf de ce pour quoi la personne est venue. Le mal de tête devient une question de balance. La douleur au genou aussi. L’essoufflement, encore une question de balance.
Ce n’est pas toujours de la mauvaise volonté. C’est souvent un réflexe, un raccourci. Mais ce raccourci a un prix.
À force de tout attribuer au poids, on oublie de chercher. On oublie d’examiner objectivement, de poser les bonnes questions, de diagnostiquer la vraie pathologie.
C’est ainsi que, parfois, une maladie grave passe inaperçue. Elle n’était pas invisible : c’est le poids qui prenait toute la place dans le regard du soignant.
Derrière chaque corps en surpoids, il y a une personne. Une personne qui a le droit d’être écoutée, examinée, soignée comme n’importe quel autre patient. Voir le gros, c’est facile. Voir la personne, c’est le début du soin.



