Pourquoi mon combat contre l’arbitraire de TikTok est aussi le vôtre
C’est l’histoire d’une créatrice de contenu engagée qui, depuis quatre ans, partage son parcours et ses connaissances en matière d’obésité. Puis, un matin d’octobre 2025, le silence. Plus aucune de ses 3 600 vidéos n’est en ligne sur TikTok. Effacée en un clic, @Miss100kilos est réduite au silence.
Depuis quatre ans, je me bats. Pas seulement avec des mots, mais avec des faits, de la rigueur et une conviction profonde : l’obésité est une maladie complexe qui mérite mieux que le jugement, mieux que l’ignorance et mieux que le silence.
Chaque jour, je mets mon énergie, ma voix et mes connaissances au service de la vulgarisation scientifique et de la lutte contre la stigmatisation. Je me forme, j’analyse, je vérifie. Je produis des contenus accessibles, fiables et nécessaires. Mais au-delà des publications, il y a l’humain. Des milliers de personnes m’écrivent. Elles cherchent des réponses, du soutien et une compréhension qu’elles ne trouvent pas ailleurs. Chez moi, elles trouvent une écoute, une information utile et, parfois, un peu d’espoir.
La mise en danger de vos contenus sur les réseaux sociaux
Les modes de communication ont changé. Les réseaux sociaux sont désormais une porte d’entrée dans l’intimité des foyers et un vecteur essentiel pour faire passer des messages de santé.
Pourtant, aujourd’hui, de nombreux créateurs engagés dans la transmission du savoir sont confrontés à une réalité inquiétante : des algorithmes incapables de distinguer un contenu pédagogique d’un contenu jugé « sensible » ou « problématique ». Ce travail est aujourd’hui fragilisé, voire menacé, car aucune garantie n’est donnée sur la pérennité d’un compte.
Le résultat de ces injonctions unilatérales ?
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Des contenus invisibilisés.
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Des comptes sanctionnés.
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Des décisions arbitraires, sans explication, sans nuance et sans recours réel.
Peut-on accepter que la diffusion d’informations scientifiques et de santé publique soit ainsi freinée ? Peut-on laisser des outils automatisés décider de ce qui mérite d’être vu ou non, au détriment des patients et de leur accès à l’information ? Confier son travail à ces plateformes aujourd’hui, c’est accepter une forme de précarité invisible. Mais se taire n’est pas une option, car derrière chaque contenu, il y a des vies.
Derrière chaque compte : une vie, un projet
Pour une créatrice comme moi, patiente ressource engagée dans la lutte contre l’obésité, ce n’est pas qu’une question de « likes ». C’est une question d’occasions manquées ! Ce sont 3 600 occasions d’informer et de conseiller dans un domaine de santé publique trop souvent négligé par le monde médical sur les réseaux sociaux.
Pourquoi ce vide ? Parce que pour certains, les réseaux « ça ne fait pas sérieux ». Pourtant, le patient n’est qu’à un clic, non pas de la consultation, mais de la « bonne information ». J’ai choisi d’aller sur TikTok en connaissance de cause : ma cible prioritaire est la population des 16-30 ans, pour qui la prévention est primordiale.
Ce sont donc quatre ans de vie professionnelle (bénévole !), plus de 3 600 vidéos éducatives et une communauté de 30 000 abonnés qui ont disparu. Cela inclut également tout le référencement sur Google, construit patiemment autour de mots-clés pertinents sur l’obésité.
Si l’on traduit cela en chiffres, on parle d’un actif numérique d’une valeur inestimable. Entre le temps de recherche, de tournage et le capital confiance bâti jour après jour, le préjudice se compte en centaines de milliers d’euros. C’est une réalité qu’il faut prendre en compte, d’autant que cet investissement bénévole est colossal.